dimanche 6 mai 2012

chronique d'une robe immettable...

Je continue à suivre des cours de moulage avec mon prof de couture parce que je n'ai reçu qu'une initiation à cette technique lors de la préparation au CAP et qu'elle permet plus de fantaisie que la coupe à plat.
Nous avons préparé la toile d'une robe drapée à une épaule dénudée.

C'est fou le métrage nécessaire pour faire les plis! A plat, plus de la moitié de la toile leur est consacrée (les pinces de poitrine sont les becs que vous apercevez en second plan.)




















Pour éviter que la robe ne s'avachisse du côté sans épaule, un bustier à baleines a été prévu. Tant qu'à faire, autant paraître à son avantage, alors en plus d'affiner la taille, il compense ce qui me manque, par des coques! Quoi?! vous ignoriez que les robes-bustiers en comportent la plupart du temps et que les mannequins en portent très souvent? Alors vous pensiez, comme moi, que c'était le domaine réservé des soutien-gorge et autres maillots de bain.

Le seul hic, c'est que j'étais très à l'aise, anormal d'après mon prof...je n'aurais pas dû pouvoir bouger aussi librement... Aïe, le tissu était légèrement extensible! Suffisamment en tout cas pour que je doive en refaire un autre dans un taffetas bien raide!! Et comme, en ces temps de crise, il n'y a pas de petites économies, j'ai récupéré baleines, coques et fermeture éclair.

Et tout cela pour quoi? pour se rendre compte que le second bustier était lui aussi trop grand (contrairement à la toile initiale qui a servi de patron!) comme si le tissu s'était détendu...Les baleines rebiquaient vers l'extérieur et marquaient la robe...




















Mais le petit moment de solitude n'a pas duré longtemps parce qu'à l'essayage de la robe, j'ai pris conscience que je n'aimais pas l'épaule dénudée! J'ai trop d'os à cet endroit, ce n'est pas seyant.
Exit le bustier, on fabrique une manche!


















Sauf qu'une fois la robe pratiquement terminée, nous avons remarqué que les pinces n'étaient pas symétriques! Aussi bien celles de devant que celles du dos n'étaient pas parallèles! Même après en avoir démonté une et l'avoir déplacée, elle restait de biais... Alors, je les ai toutes décousues pour voir comment la robe tombait sur moi...(ce qui expique la largeur de la robe en photo.) Verdict : elle vrille aussi, des plis obliques se forment et la robe remonte sur elle-même en tire-bouchonnant! On ne s'en rend pas compte sur les photos, parce que le mannequin est un mannequin d'enfant de 12 ans bien mince, la robe flotte autour.

D'après mon prof, le tissu a été tissé de travers. C'est un défaut rare qu'il n'a rencontré lui-même qu'une seule fois en 50 ans de carrière. Son fournisseur le lui avait remplacé. Le mien, un crêpe-satin, provient du magasin Dreyfus du Marché St Pierre et je suis prévenue que je peux toujours courir pour espérer être dédommagée!


Si j'ai le courage et la nécessité de porter une robe aussi sophistiquée, je referai les pinces et la porterai telle quelle.. En marchant vite, avec une chaussure à talon et une chaussure plate, ça pourra peut-être le faire...

2 commentaires:

  1. Ma pauvre!!!
    ça n'enlêve rien à ton talent...

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  2. La déception!!! Tout ce travail pour qu'au final le tissu fasse des siennes!!! En tout cas le drapé et superbe. Et tu as acquis énormément de savoir en faisant cette robe. Tu n'as pas tout perdu! :-)

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